Dépistage du cancer de la prostate : recommandations la HAS ?

Les recommandations de la Haute Autorité de santé ne soutient pas nécessairement la mise en place d'un dépistage systématique du cancer de la prostate par dosage de l'antigène spécifique prostatique, ni en population générale, ni chez les hommes présentant des facteurs de risque. Cette position a été posée en 2010, confirmée en 2012 puis en 2013, et l'Assurance maladie la reprend : aucune autorité sanitaire ne recommande ce dépistage systématique chez l'homme asymptomatique. Ce que les autorités recommandent, en revanche, c'est une information complète avant toute décision individuelle.
Que dit exactement la Haute Autorité de santé ?
La Haute Autorité de santé conclut qu'il n'existe pas de preuve suffisante pour justifier un programme de dépistage systématique du cancer de la prostate par dosage du PSA, y compris dans les sous-populations considérées comme à haut risque (Haute Autorité de santé, rapport d'orientation sur les facteurs de risque et la pertinence du dépistage par PSA, 2012, France).
Cette conclusion a été réaffirmée dans le référentiel de pratiques de l'examen périodique de santé publié en 2013, qui rappelle que la mise en place d'un programme de dépistage par dosage du PSA sérique total n'est pas recommandée, ni en population générale, ni chez les hommes à haut risque.
Pourquoi le dépistage systématique n'est-il pas recommandé ?
Parce que le bénéfice n'est pas démontré. À ce jour, il n'existe pas de démonstration robuste d'un bénéfice du dépistage par dosage du PSA en population générale, que ce soit en termes de diminution de la mortalité ou d'amélioration de la qualité de vie (Haute Autorité de santé, 2012).
S'y ajoutent les conséquences des examens qui suivent un dosage élevé. Un PSA élevé n'est pas synonyme de cancer, et la démarche diagnostique qu'il déclenche comporte ses propres inconvénients. C'est cet arbitrage, et non une supposée négligence, qui fonde la position française.
La France est-elle isolée sur cette position ?
Non. Aucun programme de dépistage du cancer de la prostate n'est recommandé en population générale, en France comme aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande ou au Royaume-Uni (Haute Autorité de santé, 2012). Aucun organisme étranger d'évaluation en santé ne préconise de démarche spécifique de dépistage par PSA auprès des hommes présentant des facteurs de risque.
Il existe en revanche des recommandations de sociétés savantes d'urologie qui proposent une détection précoce individuelle dans certaines conditions d'âge et d'espérance de vie. Ces recommandations professionnelles ne sont pas des programmes de dépistage organisé, et elles ne se substituent pas à la position de la Haute Autorité de santé.
Que faire si vous vous posez la question à titre personnel ?
La démarche recommandée est l'information avant la décision. La Haute Autorité de santé insiste sur la nécessité de fournir une information complète aux hommes qui envisagent un dépistage, notamment sur ses conséquences éventuelles.
L'Institut national du cancer et le Collège de la médecine générale ont produit avec la Haute Autorité de santé une brochure destinée au grand public, intitulée Le dépistage du cancer de la prostate, s'informer avant de décider. C'est le document à demander à votre médecin, et la conversation à avoir avec lui.
Pourquoi tant de campagnes disent-elles l'inverse ?
Parce que le message incitatif est plus simple à porter qu'un message d'information. Une partie des contenus publiés chaque novembre par des opérateurs de prévention en entreprise et par des services de santé au travail invite explicitement les hommes à se faire dépister pour le cancer de la prostate, sans mentionner la position de la Haute Autorité de santé.
Ce décalage n'est pas anodin. Encourager un dosage sans information préalable sur ses limites revient à court-circuiter la décision partagée que les autorités recommandent explicitement. Une campagne de novembre bien intentionnée peut donc produire l'inverse de ce que la doctrine française prévoit.
Ce que les données ne disent pas sur le dépistage de la prostate
L'absence de recommandation de dépistage systématique ne signifie pas que le dosage du PSA est inutile. Il est indiqué en cas de symptômes, dans le suivi après un cancer, et dans le cadre d'une démarche individuelle décidée après information. La position porte sur le dépistage de masse, pas sur l'examen lui-même.
Les rapports français de référence sur ce sujet datent de 2010 à 2013. Ils s'appuient sur les grands essais disponibles à l'époque. De nouvelles approches, notamment l'imagerie par résonance magnétique prostatique, ont modifié les pratiques diagnostiques depuis, sans que la position sur le dépistage organisé ait été revue à ce jour.
Enfin, cet article ne dit pas si vous devez ou non réaliser un dosage. Cette décision est individuelle, elle se prend avec un médecin, et aucun article de blog ne peut la prendre à votre place.
À retenir
La Haute Autorité de santé ne recommande pas de dépistage systématique du cancer de la prostate par dosage du PSA, y compris chez les hommes à facteurs de risque.
Aucun programme de dépistage organisé du cancer de la prostate n'existe en France, aux États-Unis, au Royaume-Uni ni en Nouvelle-Zélande.
Ce que les autorités recommandent, c'est une information complète avant toute décision individuelle de dosage.
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Sources
Haute Autorité de santé, Cancer de la prostate : identification des facteurs de risque et pertinence d'un dépistage par dosage de l'antigène spécifique de la prostate de populations d'hommes à haut risque, recommandation en santé publique, 2012. https://www.has-sante.fr/jcms/c_1238318/
Haute Autorité de santé, Détection précoce du cancer de la prostate, référentiel de pratiques de l'examen périodique de santé, mis en ligne le 8 octobre 2013. https://www.has-sante.fr/jcms/c_1623737/fr/detection-precoce-du-cancer-de-la-prostate
Assurance maladie, Dépistage du cancer de la prostate, mémo destiné aux médecins. https://www.ameli.fr/medecin/exercice-liberal/memos/cancers/depistage-prevention/depistage-cancer-prostate





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