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Pourquoi les hommes consultent-ils moins les généralistes que les femmes ?

30 sept.
3 min de lecture
Un médecin au regard perplexe


En 2019, 80 % des hommes déclaraient qu'ils consultent un médecin généraliste depuis moins d'un an, contre 88 % des femmes (Insee, enquête Statistiques sur les ressources et les conditions de vie 2019, France métropolitaine, calculs DREES). L'écart existe aussi chez le dentiste, 54 % contre 60 %. En revanche, il est minime pour les hospitalisations. L'écart porte donc sur le recours de ville, pas sur le recours aux soins en général.



Quel est l'écart entre les hommes et les femmes qui consultent le médecin généraliste ?

Huit points de pourcentage. En 2019, 88 % des femmes déclaraient avoir consulté un médecin généraliste depuis moins d'un an, contre 80 % des hommes (Insee, enquête Statistiques sur les ressources et les conditions de vie 2019, France métropolitaine, population des ménages, calculs DREES).

Chez le dentiste ou l'orthodontiste, l'écart est de six points : 60 % des femmes contre 54 % des hommes. Ces écarts sont mesurés sur des déclarations, et ils portent sur le fait d'avoir consulté au moins une fois, pas sur le nombre de consultations.

L'écart existe-t-il pour tous les types de soins ?

Non, et c'est le point le plus utile de ces données. Les écarts sont minimes pour les hospitalisations (Insee et DREES, données 2019). Les hommes ne renoncent donc pas aux soins en général : ils recourent moins au soin de ville, celui qui se décide sans urgence.

Cette distinction change la lecture. Un moindre recours au généraliste ne décrit pas un rapport défaillant à la santé dans l'absolu. Il décrit un moindre recours aux soins programmables, ceux qui supposent de prendre l'initiative en l'absence de symptôme contraignant.

L'écart se maintient-il à tous les âges ?

Non. L'écart est nettement plus marqué jusqu'à 54 ans, puis les habitudes de recours des hommes et des femmes se rejoignent au-delà de cet âge (DREES, enquêtes sur le recours aux soins).

Une partie de l'écart avant 54 ans s'explique par des suivis médicaux propres aux femmes, liés à la contraception, à la grossesse et à la ménopause. Ce point est explicitement mentionné par la DREES, et il interdit d'interpréter la totalité de l'écart comme un évitement masculin.

Les hommes ont-ils plus de cancers que les femmes ?

Oui, en incidence. Sur les 433 136 nouveaux cas de cancer estimés en 2023 en France métropolitaine, 245 610 concernent des hommes et 187 526 des femmes, avec un taux d'incidence standardisé de 354,9 pour 100 000 hommes contre 274,0 pour 100 000 femmes (Institut national du cancer, Panorama des cancers en France, édition 2026).

Cet écart d'incidence et l'écart de recours aux soins sont deux constats distincts. Rien dans les données citées ici n'établit que le second explique le premier. Les expositions professionnelles et les consommations de tabac et d'alcool, historiquement plus élevées chez les hommes, sont des explications concurrentes et documentées.

Ce qu'une entreprise peut en tirer

Le levier organisationnel porte sur les soins programmables, puisque c'est là que l'écart se situe. Rendre effectivement accessible la visite auprès du service de prévention et de santé au travail, et permettre de s'y rendre sur le temps de travail, agit précisément sur le type de recours concerné.

Ce raisonnement est cohérent avec les données mais il n'est pas démontré par elles. Aucune étude française ne mesure l'effet d'une politique d'entreprise sur l'écart de recours aux soins entre hommes et femmes.

Ce que les données ne disent pas sur le recours aux soins des hommes

Les données citées portent sur 2019. Elles sont antérieures à la période de perturbation du système de soins qui a suivi, et elles n'ont pas été actualisées sous la même forme depuis. Les présenter comme la situation de 2026 serait inexact.

Ces enquêtes sont déclaratives. Elles enregistrent ce que les personnes disent avoir fait, et la mémoire du recours aux soins est imparfaite. Un écart de huit points ne se lit pas comme une mesure de précision.

Enfin, aucune de ces données n'établit de cause. Les explications avancées couramment, socialisation, rapport au corps, disponibilité, sont des hypothèses. Les statistiques de recours ne les testent pas.

À retenir

  • En 2019, 80 % des hommes avaient consulté un généraliste dans l'année contre 88 % des femmes (Insee, calculs DREES, France métropolitaine).

  • L'écart est minime pour les hospitalisations : il porte sur le soin programmable, pas sur le soin en général.

  • Les habitudes de recours des hommes et des femmes se rejoignent au-delà de 54 ans.



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Sources


 
 
 

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