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L'activité physique protège-t-elle du cancer de la prostate ?

30 sept.
3 min de lecture
Un homme faisant un parcours d'entraînement physique en extérieur


Les études récentes ne permettent pas de conclure quant à l'association entre l'activité physique et la réduction du risque de cancer de la prostate (Institut national du cancer, activité physique et prévention primaire, France). C'est une conclusion explicite, et non un manque d'attention de la recherche. Pour le cancer du côlon, à l'inverse, le niveau de preuve est qualifié de convaincant. Cette différence mérite d'être connue avant de lire les campagnes de novembre.

Que dit exactement l'Institut national du cancer ?

L'Institut national du cancer classe les associations entre activité physique et risque de cancer par niveau de preuve. Une activité physique suffisante et régulière est associée à une diminution du risque avec un niveau convaincant pour le cancer du côlon, et un niveau probable pour les cancers du sein avant et après la ménopause, de l'endomètre et du poumon.

Pour le cancer de la prostate, la formulation retenue est différente : les résultats des études récentes ne permettent pas de conclure. La même formulation s'applique aux cancers du rectum, de l'ovaire, du rein, de la cavité orale, du pharynx, du larynx, de la thyroïde et du pancréas, ainsi qu'au risque de lymphome.

Ne pas conclure, est-ce la même chose que conclure à l'absence d'effet ?

Non, et la distinction est essentielle. Ne pas pouvoir conclure signifie que les études disponibles sont trop hétérogènes, trop peu nombreuses ou trop discordantes pour trancher. Cela ne démontre pas qu'un effet est absent.

Cette nuance interdit deux affirmations symétriques. On ne peut pas écrire que l'activité physique protège du cancer de la prostate, et on ne peut pas non plus écrire qu'elle n'a aucun effet sur ce risque. La formulation honnête est celle que retient l'Institut national du cancer.

Faut-il pour autant réduire son activité physique vis à vis du cancer de la prostate ?

Non, et l'article ne dit rien de tel. L'activité physique régulière est associée à une réduction du risque de plusieurs cancers, avec un niveau de preuve convaincant pour le côlon, et elle intervient par ailleurs sur d'autres risques que le cancer, notamment cardiovasculaires et métaboliques.

L'Institut national du cancer retient l'équivalent d'au moins 30 minutes d'activité physique dynamique par jour, en soulignant que la régularité compte davantage que l'intensité. Ce repère ne change pas selon la localisation de cancer considérée.

Pourquoi cette précision compte au mois de novembre

Parce que les campagnes de sensibilisation à la santé masculine associent fréquemment défi sportif et prévention du cancer de la prostate. Le lien est intuitif, il est mobilisateur, et il n'est pas établi par les données disponibles.

Une action d'entreprise peut parfaitement proposer un défi sportif en novembre. Elle ne doit pas le présenter comme un moyen de réduire le risque de cancer de la prostate, parce que cette affirmation dépasse ce que l'expertise française retient.

Ce que les données ne disent pas sur l'activité physique et la prostate

Les études sur l'activité physique et le cancer sont majoritairement observationnelles. Elles mesurent des associations dans des populations qui diffèrent sur de nombreux paramètres, et l'activité physique déclarée est difficile à mesurer avec précision. Ces limites méthodologiques expliquent une partie des conclusions incertaines.

Les niveaux de preuve évoluent. Ceux cités ici correspondent à l'état des expertises disponibles au moment de la rédaction. Ils pourront être révisés si de nouvelles synthèses paraissent, et un article de ce type doit être redaté à ce moment-là.

Enfin, l'activité physique après un diagnostic de cancer relève d'un autre champ, celui des soins de support, avec ses propres données et son propre encadrement. Cet article ne le traite pas.

À retenir

  • Les études disponibles ne permettent pas de conclure sur l'association entre activité physique et risque de cancer de la prostate (Institut national du cancer).

  • Le niveau de preuve convaincant n'est retenu que pour le cancer du côlon, le niveau probable pour le sein, l'endomètre et le poumon.

  • Ne pas pouvoir conclure n'équivaut pas à conclure qu'il n'y a aucun effet.

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Sources



 

 
 
 

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