top of page

Reprendre le travail après un cancer : ce que montrent les données

29 sept.
4 min de lecture


En France, 160 000 personnes sont en emploi au moment de leur diagnostic de cancer chaque année, et 20 % des personnes de 18 à 54 ans en emploi au diagnostic ne travaillent plus cinq ans après (Institut national du cancer, d'après les enquêtes La vie deux ans et La vie cinq ans après un diagnostic de cancer). La sortie de l'emploi ne se joue donc pas pendant les traitements, mais après. C'est ce décalage qui rend le sujet difficile à traiter en entreprise. Reprendre le travail après un cancer devient une initiative floue.

Combien de salariés sont concernés en France ?

Plus de 433 000 personnes apprennent chaque année qu'elles ont un cancer, et 160 000 d'entre elles sont en emploi au moment du diagnostic (Institut national du cancer, France). Au total, 3,8 millions de personnes vivent en France avec ou après un diagnostic de cancer.


Rapportés à une entreprise, ces ordres de grandeur signifient que le cancer n'est pas un cas isolé mais une situation récurrente, y compris dans des structures de taille moyenne. Il se traite donc comme une procédure, pas comme une exception.



Que devient l'emploi cinq ans après un diagnostic ?

Une personne sur cinq sort de l'emploi. Précisément, 20 % des personnes de 18 à 54 ans qui étaient en emploi au moment du diagnostic ne travaillent plus cinq ans après (Institut national du cancer, d'après l'enquête La vie cinq ans après un diagnostic de cancer, France).


Ce chiffre décrit un effet à moyen terme, et non un effet immédiat. Une organisation qui juge son accompagnement réussi parce que le salarié est revenu au bout de six mois ne regarde pas au bon endroit.


Quelles difficultés sont documentées au retour ?

Les discriminations sont mesurées et elles sont loin d'être marginales : au moins 12 % des salariés déclarent avoir connu des rejets ou des discriminations de la part de leurs collègues en raison de leur maladie (Institut national du cancer, France).


Ce chiffre est un plancher, formulé comme tel par l'Institut national du cancer. Il porte sur les comportements déclarés par les personnes concernées, ce qui sous-estime probablement le phénomène.


Quels dispositifs existent pour le maintien en emploi ?

Plusieurs dispositifs de droit commun encadrent le retour, et ils ne relèvent pas d'une bonne volonté managériale. Ils sont décrits par l'Institut national du cancer dans sa rubrique consacrée au maintien et au retour à l'emploi.


  • La visite de préreprise auprès du service de prévention et de santé au travail, qui peut être demandée pendant l'arrêt.

  • Le temps partiel pour motif thérapeutique, qui permet une reprise progressive.

  • L'aménagement du poste et des horaires, prononcé sur avis du médecin du travail.

  • Le droit à l'oubli en matière d'emprunt, distinct du sujet de l'emploi mais souvent lié dans la situation des personnes concernées.

L'Institut national du cancer propose par ailleurs aux entreprises une charte de onze engagements dans le cadre de sa démarche Cancer et emploi, ainsi qu'un club d'entreprises signataires.



Ce qu'une entreprise peut décider avant d'en avoir besoin

La seule décision qui compte se prend avant le premier cas. Une procédure écrite, connue des managers, décrivant qui contacter, dans quel ordre et avec quels dispositifs, transforme une situation improvisée en processus.


Le reste relève de l'individuel et ne se protocolise pas. Le rythme de reprise, le périmètre du poste et l'information de l'équipe se décident avec la personne concernée et avec le médecin du travail, jamais à leur place.


Ce que les données ne disent pas sur le retour au travail après un cancer

Les enquêtes françaises de référence sur ce sujet, La vie deux ans et La vie cinq ans après un diagnostic de cancer, ont été publiées respectivement en 2014 et en 2018. Elles restent les données nationales les plus complètes disponibles, mais elles ne décrivent pas la situation de 2026. Les dispositifs de maintien en emploi ont évolué depuis.


Ces enquêtes sont déclaratives et observationnelles. Elles décrivent des associations, pas des effets. Aucune ne permet d'affirmer qu'un dispositif précis cause un meilleur maintien en emploi.


Enfin, les chiffres portent sur l'ensemble des localisations de cancer, dont les pronostics et les traitements diffèrent fortement. Les appliquer à une situation individuelle n'a pas de sens.


À retenir

  • 160 000 personnes sont en emploi au moment de leur diagnostic de cancer chaque année en France (Institut national du cancer).

  • 20 % des personnes de 18 à 54 ans en emploi au diagnostic ne travaillent plus cinq ans après.

  • Au moins 12 % des salariés concernés déclarent avoir connu des rejets ou des discriminations liés à leur maladie.



Préparer votre organisation

Vipali accompagne les entreprises sur la prévention et le suivi santé de leurs équipes. En savoir plus.


Sources



 
 
 

Commentaires


bottom of page