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Combien de temps durent les bénéfices des vacances après la reprise ? 

Une personne allongée sur un fauteuil en souriant devant son ordinateur posé sur ses genoux.


Les bénéfices des vacances sur le bien-être ne se distinguent plus du niveau d'avant congés dès la fin de la première semaine de reprise. C'est le résultat d'une méta-analyse publiée dans European Psychologist en 2023, portant sur 13 études et 1 428 salariés, pour des vacances d'une durée moyenne de 11 jours. Le même travail écarte une croyance répandue : la durée des vacances ne modifie pas l'ampleur du bénéfice obtenu. Partir trois semaines ne produit pas un effet plus fort, ni plus durable, que partir une semaine.



Que mesure-t-on quand on parle de bénéfice des vacances ? 

Les études sur les vacances mesurent le bien-être déclaré, pas la santé au sens médical. La méta-analyse publiée dans European Psychologist en 2023 par une équipe de l'Institut fédéral allemand pour la sécurité et la santé au travail a agrégé plusieurs indicateurs distincts : affects positifs, affects négatifs, stress ressenti, épuisement et satisfaction de vie.


Les résultats diffèrent selon l'indicateur. Sur l'ensemble, l'amélioration du bien-être associée aux vacances correspond à une taille d'effet de 0,25, ce qui est modeste. Les composantes qui bougent le plus sont les affects positifs, les affects négatifs, le stress et l'épuisement, avec des tailles d'effet comprises entre 0,18 et 0,38.


La satisfaction de vie, elle, ne bouge pas de façon significative, avec une taille d'effet de 0,10. Autrement dit, les vacances améliorent l'humeur et réduisent la fatigue ressentie, mais elles ne modifient pas le jugement global qu'une personne porte sur son existence. Cette distinction explique une part des attentes déçues au retour.



Combien de temps dure l'effet des vacances après la reprise ?

L'effet s'efface au cours de la première semaine de travail. La méta-analyse de 2023 conclut qu'après la première semaine suivant le retour, les indicateurs de bien-être ne présentent plus de différence significative avec les niveaux mesurés avant le départ, les tailles d'effet résiduelles étant inférieures ou égales à 0,12.


Ce résultat prolonge une méta-analyse antérieure, publiée dans le Journal of Occupational Health en 2009 à partir de 7 études, qui avait mesuré un effet positif des vacances sur la santé et le bien-être de 0,43, suivi d'un effacement de 0,38 après la reprise du travail.


Deux méta-analyses, deux corpus d'études différents, quinze ans d'écart, un même constat : le bénéfice existe, il est réel, et il est court.


 

Méta-analyse 2009 

Méta-analyse 2023 

Éditeur 

Journal of Occupational Health 

European Psychologist 

Études incluses 

13 

Participants 

Non précisé dans le résumé 

1 428 

Effet des vacances 

0,43 

0,25 

Effacement 

0,38 après la reprise 

Plus de différence significative après la première semaine 



Des vacances plus longues produisent-elles un bénéfice plus durable ?

Non. La méta-analyse de 2023 a testé la durée des vacances comme facteur modérateur et n'a pas trouvé d'effet. La durée du congé, la répartition par sexe et le groupe professionnel ne modifient aucun des résultats rapportés. Les vacances analysées duraient en moyenne 11 jours, dans une fourchette allant de 4 à 23 jours.


Ce point mérite d'être souligné parce qu'il contredit frontalement ce que l'on lit ailleurs. Le discours courant associe la difficulté de la reprise à la longueur du congé, et présente les longues vacances d'été comme le vrai moment de récupération de l'année. Les données agrégées ne soutiennent pas cette lecture.


Une conséquence pratique en découle pour qui dispose d'un capital de congés limité. Allonger un séjour ne renforce pas mécaniquement le bénéfice obtenu. La question n'est pas combien de jours, mais combien de fois.



Vaut-il mieux des congés longs ou des congés courts et répétés ?

Les auteurs de la méta-analyse de 2023 recommandent des congés courts et réguliers répartis sur l'année, plutôt que l'allongement de la durée d'un séjour unique. Cette recommandation découle directement de leurs deux résultats : le bénéfice s'efface en une semaine, et l'allonger ne l'amplifie pas.


Cette conclusion a une limite que les auteurs énoncent eux-mêmes. Les données disponibles ne permettent pas d'établir de recommandations fondées sur la preuve pour les congés dépassant trois semaines, tout simplement parce que ces séjours sont peu représentés dans les études.


Une nuance de lecture s'impose aussi. Le fait que le bénéfice s'efface vite ne signifie pas que les vacances sont inutiles. Cela signifie qu'elles agissent comme une interruption de l'exposition, pas comme une réserve constituée. L'INRS décrit le stress chronique comme une situation qui s'installe dans la durée, dont les effets sur la santé sont toujours néfastes, et rappelle que la prévention efficace porte sur les causes plutôt que sur les symptômes. Un congé suspend l'exposition, il ne la corrige pas. Ce point est développé dans notre page consacrée à ce que recouvre le stress au travail.



Ce que les données ne disent pas sur l'effet des vacances

Trois limites méritent d'être posées.

Les indicateurs mesurés sont déclaratifs. Affects, stress ressenti, épuisement et satisfaction de vie sont recueillis par questionnaire. Ces méta-analyses ne mesurent ni la tension artérielle, ni les marqueurs biologiques, ni l'incidence de pathologies. Un effacement du bénéfice déclaré ne dit rien de ce qui se passe sur des indicateurs physiologiques.


Le contenu des vacances reste mal étudié. La méta-analyse de 2009 signalait déjà que les activités et les expériences vécues pendant les congés avaient été très peu explorées, ce qui empêche de savoir ce qui distingue des vacances efficaces de vacances qui ne changent rien.


Enfin, les échantillons sont modestes. Treize études et 1 428 participants, c'est peu au regard de la diversité des métiers, des contraintes et des situations personnelles. Aucun des résultats présentés ici ne décrit un individu en particulier.



À retenir 

  • Les bénéfices des vacances sur le bien-être déclaré ne se distinguent plus du niveau d'avant départ après la première semaine de reprise, selon une méta-analyse de 13 études publiée en 2023.

  • La durée des vacances ne modifie pas l'ampleur du bénéfice obtenu, dans les fourchettes étudiées, de 4 à 23 jours.

  • Les auteurs de cette méta-analyse recommandent des congés courts répartis sur l'année plutôt que l'allongement d'un séjour unique.



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Sources

  1. Wendsche J. et al., We Continue to Recover Through Vacation! Meta-Analysis of Vacation Effects on Well-Being and Its Fade-Out, European Psychologist, 2023, 28(4). https://econtent.hogrefe.com/doi/10.1027/1016-9040/a000518

  2. de Bloom J., Kompier M., Geurts S., de Weerth C., Taris T., Sonnentag S., Do we recover from vacation? Meta-analysis of vacation effects on health and well-being, Journal of Occupational Health, 2009, 51(1), p. 13-25. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19096200/

  3. INRS, Stress au travail. Ce qu'il faut retenir, mis à jour le 7 juin 2023. https://www.inrs.fr/risques/stress/ce-qu-il-faut-retenir.html

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